La découverte musicale est le dernier vrai avantage de la radio sur le streaming. La plupart des stations ne s’en servent pas.
- Samuel Zniber
- il y a 16 heures
- 2 min de lecture
Les auditeurs se lassent des playlists qui ne passent que ce qu’ils connaissent déjà. La radio devrait combler ce vide.
7 mars 2026
Les propres études de Spotify établissent que les écoutes pilotées par l’algorithme réduisent la diversité musicale et poussent les auditeurs vers ce qu’ils aiment déjà. Le terme technique est « tautologie du goût ». En clair : plus vous utilisez Discover Weekly, plus la playlist ressemble à ce que vous écoutiez la semaine dernière. Une autre étude, présentée à la CHI Conference sur l’expérience utilisateur des systèmes de recommandation en streaming, montre que les auditeurs décrivent régulièrement la curation algorithmique comme « personnalisée mais impersonnelle ». Ils savent que le système les piste. Ils savent aussi qu’il manque quelque chose. Ce quelque chose, c’est précisément ce que la radio a toujours bien fait.
Bridge Ratings l’a dit sans détour dans son analyse de mai 2025 sur la relation radio-streaming. À mesure que les auditeurs affrontent ce qu’ils appellent la « fatigue algorithmique », la curation humaine de la radio prendra de la valeur, en particulier sur les formats pop, country et adultes. MIDiA Research avance le même argument sous un autre angle : l’expérience live et partagée de la radio est un avantage stratégique que les algorithmes ne savent pas encore reproduire. Ce « encore » pèse lourd. Mais la fenêtre est ouverte maintenant, et les stations qui traitent la découverte musicale comme une vraie fonction éditoriale sont celles qui sont en position d’en profiter.
Ce à quoi cela ressemble en pratique compte. La découverte, ce n’est pas seulement diffuser des nouveautés. C’est un animateur qui a un vrai avis sur ce qui rend un titre intéressant, qui replace une sortie dans le parcours de l’artiste, qui traite la musique comme si elle voulait dire quelque chose. Spotify a discrètement écarté des dizaines de curateurs humains de son équipe éditoriale en 2023 et s’est encore rapproché d’une programmation pilotée par la donnée. Apple Music a pris le chemin inverse, en misant à fond sur l’éditorial humain comme positionnement de marque. La radio possède déjà l’infrastructure vers laquelle Apple Music tend. Reste à savoir si les stations s’en servent.
Moins de 15 % des auditeurs de musique utilisent le streaming de façon exclusive et ont totalement cessé d’écouter la radio, selon les données les plus récentes de Bridge Ratings. La grande majorité des auditeurs utilisent les deux. Autrement dit, la radio reste dans la conversation de la découverte pour l’essentiel de son audience. Les stations qui investissent dans un vrai éditorial musical — des animateurs dotés d’autorité, de contexte et d’un point de vue — sont celles qui s’approprieront cette relation de découverte que les plateformes de streaming offrent de moins en moins.
Sources :
• Radio & Music Streaming: A Feedback Loop, Bridge Ratings, https://www.bridgeratings.com/blog/2025/5/10/radio-music-streaming-a-feedback-loop
• AI in Radio: How to Use AI and Retain Humanity, MIDiA Research, https://www.midiaresearch.com/blog/ai-in-radio-how-to-use-ai-and-retain-humanity
• Spotify’s Shift Away from Human-Curated Playlists, Capitol Technology University, https://www.captechu.edu/blog/impact-of-automation-and-ai-on-the-music-industry



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